Génération d’images : comparer, et savoir quand s’abstenir
Comparer des générateurs d'images est facile à faire et facile à mal faire. Le plus important est souvent de décider quand ne pas les utiliser.
Les outils de génération d’images produisent en quelques secondes des visuels qui demandaient des heures. Les organisations les essaient, parfois sans cadre. Ce comparatif propose des critères pour choisir, puis une liste de cas où la meilleure décision consiste à s’en passer.
Comparer sur vos usages, pas sur des galeries
Les galeries de démonstration montrent le meilleur de chaque outil. Pour décider, préparez dix briefs représentatifs de ce que vous produisez réellement, et soumettez-les à chaque outil dans les mêmes conditions. Notez ensuite, sans attribuer de score global :
| Critère | Question à se poser |
|---|---|
| Fidélité au brief | L’image respecte-t-elle ce qui est demandé, y compris les détails précis ? |
| Cohérence | Peut-on obtenir le même style ou le même sujet sur plusieurs images ? |
| Contrôle | Retouche locale, format, composition, image de référence : que peut-on piloter ? |
| Texte dans l’image | Les lettres sont-elles lisibles et justes ? C’est un point faible fréquent. |
| Conditions d’usage | Usage commercial permis ? Propriété des productions ? Conservation des données saisies ? |
| Provenance et transparence | L’éditeur documente-t-il l’origine des données d’entraînement et marque-t-il ses images ? |
| Coût et volume | Tarification à l’image ou à l’abonnement, plafonds, délais |
Les risques à cadrer
Trois domaines demandent une règle interne. Le droit d’auteur, d’abord : plusieurs procédures sont en cours dans le monde sur l’entraînement de ces modèles, et le statut des images générées varie selon les pays. La confiance, ensuite : une image réaliste présentée comme une photographie peut tromper. L’AI Act prévoit des obligations de transparence pour les contenus générés ou manipulés par l’IA. Les personnes, enfin : produire l’image d’une personne réelle sans son accord pose des problèmes de droit à l’image et de dignité.
Savoir quand s’abstenir
- Quand l’image sert de preuve, de témoignage ou d’illustration d’un fait réel
- En communication de crise ou d’urgence, où la confiance est la ressource principale
- Pour représenter des personnes réelles, des lieux identifiables ou des agents de l’organisation
- Quand le sujet exige une exactitude (schéma technique, signalétique, produit réel)
- Quand le public attend une création humaine, par exemple un concours
Une charte d’usage d’une page vaut mieux qu’un débat sur l’outil : usages permis, usages interdits, mention obligatoire, validation par une personne identifiée.
Mettre en place un usage maîtrisé
Si vous décidez d’autoriser ces outils, procédez par étapes : retenez un ou deux outils plutôt que dix, désignez qui peut les utiliser et pour quels besoins, conservez le brief et la version finale de chaque image publiée, et indiquez la mention « généré par IA » lorsque l’image pourrait être confondue avec une photographie. Révisez la règle tous les six mois : les outils, la jurisprudence et les obligations de transparence évoluent vite, et ce qui est prudent aujourd’hui peut devenir superflu ou insuffisant demain.
Pour poser ce cadre dans une organisation, voir notre expertise IA en entreprise.
Pour approfondir : IA d’entreprise · Automatisation des processus
Questions fréquentes
Peut-on utiliser une image générée dans une publication officielle ?
Oui sous conditions : vérifier les conditions d'usage de l'outil, indiquer la nature de l'image si elle pourrait être prise pour une photographie, et éviter tout usage qui laisserait croire à un événement réel.
Les images générées sont-elles protégées par le droit d'auteur ?
La question est tranchée de manière variable selon les pays, et souvent en faveur d'une absence de protection pour les productions sans intervention créative humaine suffisante. Un avis juridique est nécessaire pour les usages importants.