Facile à lire et à comprendre : quand et comment l’utiliser
Le FALC n'est pas une version simplifiée de tout ce que vous publiez. C'est une méthode exigeante, pensée d'abord pour les personnes avec une déficience intellectuelle, à réserver aux informations qui comptent vraiment, et à produire avec elles.
Faut-il traduire tout son site en facile à lire et à comprendre ? La question revient souvent, dans les administrations comme dans les entreprises qui veulent bien faire. La réponse courte est non. Le FALC est une méthode précise, conçue d’abord pour les personnes avec une déficience intellectuelle, qui demande du temps et la participation des lecteurs eux-mêmes. Bien utilisé, il ouvre l’accès à des informations dont dépendent des droits. Mal utilisé, il produit des textes appauvris qui ne servent personne.
Ce guide aide à décider quand y recourir, et explique comment produire un document FALC digne de ce nom.
FALC et langage clair : ne pas confondre
Les deux démarches poursuivent le même but, être compris, mais elles ne s’adressent pas au même public et n’ont pas les mêmes exigences.
- Pour tous les lecteurs, du premier coup
- Phrases courtes, mots courants, structure visible
- Principes décrits notamment par la norme ISO 24495-1:2023
- S’applique à presque tous les contenus
- Peut être vérifié par des tests auprès d’usagers variés
- D’abord pour les personnes avec une déficience intellectuelle
- Règles précises de rédaction et de mise en page
- Règles européennes portées par Inclusion Europe
- Réservé aux informations essentielles
- Relecture obligatoire par des personnes concernées
En pratique, le langage clair devrait être la norme pour tous vos contenus, et le FALC une version complémentaire de certains d’entre eux. Un formulaire en langage clair rend service à tout le monde. Un guide FALC sur ce même formulaire rend service à des lecteurs que même un bon langage clair laisse de côté.
Le FALC aide souvent d’autres publics : personnes peu familières de l’écrit, personnes qui apprennent le français, personnes âgées, personnes fatiguées ou en situation de stress. Ce bénéfice est réel, mais il ne doit pas faire oublier le public premier, ni conduire à se passer de sa relecture.
Quand le FALC s’impose
La bonne question n’est pas « quel contenu pourrait être en FALC ? » mais « quelle information une personne doit-elle absolument comprendre pour exercer un droit, faire une démarche ou se protéger ? ». Cela conduit à quelques familles de documents.
Les droits et les démarches : comment obtenir une prestation, un document d’identité, une place en établissement ; que faire en cas de refus. La santé : préparation d’un examen, consentement à un soin, consignes de sortie, prévention. La sécurité : consignes d’évacuation, numéros d’urgence, conduite à tenir en cas d’alerte. La citoyenneté : inscription sur les listes électorales, déroulement du vote, programmes des candidats. La vie quotidienne : règlement d’un logement, d’un établissement, d’un service de transport, contrats et factures.
Pour un site web, cela signifie rarement des dizaines de pages : quelques pages bien choisies, accessibles depuis un lien visible (souvent signalé par le logo FALC), valent mieux qu’une couverture large et superficielle.
Produire un document FALC, étape par étape
- Choisir l’essentielPartir de la question du lecteur, pas du document d’origine. Que doit-il savoir, que doit-il faire, à qui s’adresser ? Tout ce qui ne répond pas à ces trois questions est retiré ou renvoyé vers la version standard.
- Rédiger selon les règlesLes règles européennes rassemblées par Inclusion Europe guident l’écriture : une idée par phrase, des mots simples et toujours les mêmes pour la même chose, pas de sigle sans explication, des phrases affirmatives, des chiffres écrits en chiffres, un ordre logique, des exemples concrets.
- Mettre en page pour la lectureUne police sans empattement de taille généreuse, un texte aligné à gauche, des phrases qui ne sont pas coupées en fin de ligne, beaucoup d’espace, une image ou un pictogramme qui appuie chaque idée importante, sans décorer.
- Faire relire par des personnes concernéesDes personnes avec une déficience intellectuelle lisent le document et disent ce qu’elles ont compris. Leur retour est intégré, puis le texte est relu à nouveau. Cette étape se prépare : on rémunère ou on dédommage les relecteurs, souvent par l’intermédiaire d’un établissement ou d’une association.
- Vérifier l’exactitudeUn expert du sujet confirme que la simplification n’a pas rendu l’information fausse. « Vous pouvez demander une aide » et « vous avez droit à une aide » ne disent pas la même chose.
- Publier dans un format accessibleUne page web bien structurée ou un PDF accessible, signalés par le logo européen dans le respect de ses conditions d’utilisation, avec un lien vers la version standard et un contact pour poser une question.
Un exemple fait mieux comprendre l’écart. Une phrase administrative courante : « Les pièces justificatives doivent être transmises dans un délai de quinze jours à compter de la réception du présent courrier, faute de quoi votre demande ne pourra être instruite. » Sa version FALC tient en plusieurs phrases : « Vous devez envoyer des papiers. Par exemple : une copie de votre carte d’identité. Vous avez 15 jours pour les envoyer. Les 15 jours commencent quand vous recevez cette lettre. Si vous n’envoyez pas les papiers, nous ne pouvons pas étudier votre demande. » Plus long, mais chaque phrase porte une seule information.
Les erreurs les plus fréquentes
Simplifier sans relire. Un texte écrit « en FALC » par une équipe de communication, sans relecture par des personnes concernées, n’est pas du FALC. C’est souvent un texte infantilisant ou incomplet.
Infantiliser. Le lecteur est un adulte. Le tutoiement, les illustrations enfantines et le ton condescendant sont à proscrire.
Tout traduire. Une traduction intégrale d’un document long en FALC produit un document plus long encore, que personne ne lit. Il faut choisir.
Oublier la mise à jour. Quand la version standard change (un délai, un tarif, une adresse), la version FALC doit changer aussi. Une information FALC périmée est pire que pas d’information du tout, parce que son lecteur aura plus de mal à repérer l’erreur.
Publier une image de texte. Un document FALC scanné ou exporté en image est illisible pour les lecteurs d’écran et impossible à agrandir correctement. Le FALC doit aussi respecter les règles d’accessibilité numérique.
Ce que disent les référentiels d’accessibilité
Les règles pour l’accessibilité des contenus web (WCAG 2.2) abordent la question par le critère 3.1.5 sur le niveau de lecture, qui relève du niveau AAA, le plus exigeant, rarement imposé. Le référentiel général d’amélioration de l’accessibilité (RGAA) ne contient pas d’obligation de FALC. L’Acte européen sur l’accessibilité, qui entre en application le 28 juin 2025, demande que les informations sur les produits et services concernés soient présentées de manière compréhensible, ce qui plaide au minimum pour le langage clair.
Le FALC reste donc, le plus souvent, un choix d’inclusion plutôt qu’une obligation. C’est un choix qui se défend facilement pour un service public ou un service essentiel : il touche des personnes que les démarches numériques laissent fréquemment de côté.
Avant de lancer une version FALC
- Les contenus visés sont ceux dont dépendent un droit, une démarche, la santé ou la sécurité.
- Le reste du site est déjà rédigé en langage clair.
- Des relecteurs concernés sont identifiés, avec un cadre de collaboration et de dédommagement.
- Un expert du sujet valide l’exactitude de chaque version.
- Le format de publication respecte les règles d’accessibilité numérique.
- Une personne est chargée de la mise à jour en même temps que la version standard.
Le FALC s’inscrit dans une démarche plus large, détaillée dans notre dossier complet sur l’accessibilité numérique. Notre offre Accessibilité et inclusion commence par un audit d’un parcours clé, qui indique aussi où une version FALC aurait le plus d’effet.
Questions fréquentes
Le FALC est-il obligatoire ?
Il n'existe pas, en général, d'obligation de publier tous ses contenus en FALC. Les règles d'accessibilité numérique (WCAG, RGAA) portent surtout sur la structure et la perception des contenus ; le niveau de lecture n'est qu'un critère de niveau AAA dans les WCAG. Le FALC relève donc d'une démarche d'inclusion, parfois encouragée par des textes sectoriels ou des engagements de service public, plus que d'une obligation générale.
Quelle différence entre FALC et langage clair ?
Le langage clair vise à rendre un texte compréhensible par le plus grand nombre du premier coup : phrases courtes, vocabulaire courant, structure lisible. Le FALC va plus loin, avec des règles précises de rédaction et de mise en page, et une relecture obligatoire par des personnes avec une déficience intellectuelle. Il s'adresse d'abord à elles, même s'il aide aussi d'autres lecteurs.
Peut-on utiliser une IA pour rédiger en FALC ?
Un outil de génération de texte peut aider à produire un premier jet simplifié. Il ne remplace ni le choix des informations essentielles, ni la vérification de l'exactitude, ni surtout la relecture par des personnes concernées, qui est au cœur de la méthode. Un texte généré puis publié sans cette relecture n'est pas un document FALC.
Peut-on apposer le logo FALC sur nos documents ?
Le logo européen « facile à lire » est géré par l'association Inclusion Europe, qui en fixe les conditions d'utilisation. Elles supposent notamment que le document respecte les règles européennes et qu'il ait été relu par des personnes avec une déficience intellectuelle. Il faut les consulter avant toute utilisation.