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TerrainScénario type

Making a public portal accessible: six months of fixes

Un audit sévère, une déclaration d'accessibilité à publier, six mois pour progresser. Ce scénario type suit la mise en accessibilité d'un portail départemental, de la première correction de gabarit au contre-audit.

6 min

Le rapport d’audit tient en une phrase, en haut de la première page : « Le site est non conforme au RGAA. » Pour la direction de la communication du département, ce n’est pas une surprise. C’est en revanche une obligation de plus en plus visible : la déclaration d’accessibilité doit être publiée, et les usagers commencent à s’en servir pour signaler ce qui les bloque. La décision est prise d’engager la mise en accessibilité du portail public sur six mois, avant un contre-audit.

Ce récit est un scénario type. Le département imaginé gère un portail d’information et une vingtaine de démarches en ligne : aides sociales, transports scolaires, subventions aux associations. Le site repose sur un gestionnaire de contenus courant, maintenu par un prestataire, et alimenté par une trentaine de rédacteurs répartis dans les services.

Le point de départ : un audit sur échantillon

L’audit a suivi la méthode du RGAA 4.1.2 : un échantillon de pages représentatif (accueil, contact, mentions, pages de démarche, un formulaire complet, un résultat de recherche, quelques pages de contenu), évalué sur les 106 critères du référentiel. Le taux de conformité obtenu est inférieur à la moitié des critères applicables, ce qui place le site dans la catégorie « non conforme ».

Le rapport liste plusieurs centaines de non-conformités. La première réaction de l’équipe est de les trier par page. C’est une erreur que le référent accessibilité, désigné pour l’occasion, corrige vite : la plupart des défauts ne viennent pas des pages, mais des gabarits et des composants partagés. Un même menu mal codé, présent sur toutes les pages, produit des dizaines de lignes dans le rapport et une seule correction dans le code.

  • Mois 1-2gabarits et thème
  • Mois 3-4formulaires et composants
  • Mois 5contenus et documents
  • Mois 6contre-audit et déclaration

Mois 1 et 2 : ce qui se corrige dans le gabarit

Le prestataire commence par les corrections qui se propagent à tout le site. La langue de la page est déclarée. Chaque page reçoit un titre unique et explicite. La hiérarchie des titres est rétablie dans les modèles. Des liens d’évitement permettent d’aller directement au contenu. Le focus du clavier, que la feuille de style masquait pour des raisons esthétiques, redevient visible.

Les couleurs posent un problème plus délicat. Le vert de la charte graphique, utilisé pour les boutons et les liens, n’offre pas un contraste suffisant sur fond blanc. La direction de la communication accepte une teinte plus foncée pour les textes et les boutons, en conservant la couleur d’origine pour les aplats décoratifs. La discussion prend trois semaines ; la modification, une demi-journée.

La moitié du chemin se fait dans une dizaine de fichiers. L’autre moitié se fait dans des milliers de pages, une par une.

Mois 3 et 4 : les formulaires et les composants

Les démarches en ligne concentrent les blocages les plus graves. Un usager aveugle qui navigue avec un lecteur d’écran ne sait pas à quoi correspond un champ sans étiquette. Un message d’erreur affiché en rouge, sans texte associé au champ, ne lui dit rien. Un sélecteur de date fabriqué sur mesure est inutilisable au clavier.

L’équipe reprend chaque formulaire : étiquettes liées aux champs, regroupement des boutons radio, indication des champs obligatoires dans le texte et pas seulement par un astérisque, messages d’erreur explicites et annoncés, récapitulatif avant envoi. Le sélecteur de date est remplacé par trois champs simples, jour, mois et année.

Viennent ensuite les composants interactifs : le carrousel de la page d’accueil, qui défile seul et ne peut pas être arrêté, est remplacé par une liste d’actualités statique. Le menu principal est recodé selon les motifs de conception recommandés pour l’accessibilité. La carte interactive des points d’accueil reçoit une alternative : la liste des adresses, triable par commune.

À la fin du quatrième mois, deux sessions de test sont organisées avec des usagers : une personne aveugle utilisant un lecteur d’écran, une personne malvoyante utilisant un agrandisseur, une personne ayant des troubles moteurs qui navigue uniquement au clavier. Elles révèlent des difficultés que l’audit ne pouvait pas mesurer : un parcours de demande d’aide trop long, un vocabulaire administratif incompréhensible, une confirmation d’envoi qui disparaît avant d’avoir été lue.

À retenir

Un audit vérifie des critères ; un test avec des usagers vérifie qu’une démarche aboutit. Les deux sont nécessaires, et le second ne coûte presque rien au regard de ce qu’il révèle.

Mois 5 : les contenus et les documents

Le cinquième mois est celui des rédacteurs. Une formation d’une demi-journée, centrée sur les gestes de publication, est proposée à chacun : structurer un texte avec de vrais intertitres, rédiger un intitulé de lien explicite, renseigner l’alternative textuelle d’une image ou la laisser vide si elle est décorative, ne pas transmettre une information par la seule couleur.

Les documents téléchargeables représentent le plus gros volume. Le site en compte plusieurs milliers, pour la plupart des PDF issus de traitements de texte, sans structure. L’équipe fait un choix pragmatique : les documents nécessaires à une démarche en cours sont rendus accessibles ou remplacés par une page web ; les documents des années précédentes sont signalés dans la déclaration et traités selon leur consultation. Les vidéos récentes reçoivent des sous-titres ; les plus anciennes sont retirées ou accompagnées d’une transcription.

Mois 6 : contre-audit, déclaration, et ce qui reste

Le contre-audit, réalisé sur le même échantillon, montre une progression nette. Le site passe dans la catégorie « partiellement conforme ». Les non-conformités restantes sont de trois natures.

Certaines relèvent de contenus tiers : le module de paiement en ligne et l’outil de prise de rendez-vous sont fournis par des prestataires, qui ont été saisis et ont transmis un calendrier de correction. D’autres relèvent du stock de documents anciens, traité progressivement. Les dernières relèvent de composants complexes, comme un outil de simulation des aides, dont la refonte est programmée pour l’année suivante.

La déclaration d’accessibilité est mise à jour avec honnêteté : état de conformité, liste des contenus non accessibles et raisons, moyen de contact pour obtenir une information sous une forme accessible. Le schéma pluriannuel de mise en accessibilité, adopté dans la foulée, fixe les étapes suivantes et leur budget. Les contrats des prestataires sont amendés pour exiger la conformité de chaque nouvelle version.

Ce que le département retient tient en trois leçons. Corriger les gabarits d’abord. Tester avec des usagers avant de déclarer victoire. Et inscrire l’accessibilité dans les achats, sans quoi chaque nouveau module réintroduit les défauts corrigés. Ces principes structurent notre offre Accessibilité et inclusion et notre expertise web accessible. Pour le cadre complet, obligations comprises, notre dossier sur l’accessibilité numérique reprend chaque étape.

Scénario type construit à partir de situations courantes ; il ne décrit pas une organisation réelle.

Questions fréquentes

Six mois suffisent-ils pour rendre un portail conforme au RGAA ?

Rarement pour une conformité totale, souvent pour une progression nette. Les corrections de gabarit et de composants partagés produisent l'essentiel de l'amélioration ; les contenus anciens, les documents et les services de prestataires tiers demandent plus de temps et un plan sur plusieurs années, formalisé dans le schéma pluriannuel.

Faut-il refaire le site pour le rendre accessible ?

Pas nécessairement. Un site dont les gabarits et les composants sont centralisés se corrige bien par étapes. Une refonte se justifie quand la technologie en place empêche de corriger les composants, ou quand une refonte était de toute façon prévue : il faut alors inscrire l'accessibilité dans le cahier des charges dès le départ.

Qui doit participer à la mise en accessibilité ?

L'équipe technique ou le prestataire qui maintient le site, les rédacteurs qui publient les contenus, le responsable des démarches en ligne, et des utilisateurs en situation de handicap pour les tests. Un référent accessibilité, même à temps partiel, évite que le sujet se dilue entre ces acteurs.

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