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Pourquoi nous ne touchons aucune commission des éditeurs

Un conseil payé par l'éditeur qu'il recommande n'est plus tout à fait un conseil. Notre règle tient en une phrase, ses conséquences en quelques lignes, et elle vaut aussi pour les produits que nous éditons nous-mêmes.

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Dans le marché des logiciels et des services numériques, une partie des recommandations est rémunérée par ceux qu’elles désignent. Commissions d’apport d’affaires, remises reversées à l’intégrateur, niveaux de partenariat qui dépendent du volume vendu : ces mécanismes sont légaux, courants, et rarement visibles pour l’organisation qui reçoit le conseil. Ils posent pourtant une question simple sur la neutralité du conseil : quand celui qui compare les solutions est payé par l’une d’elles, pour qui travaille-t-il ?

Notre réponse est une règle : DOSOBE ne perçoit aucune commission, remise ou rétrocession d’un éditeur ou d’un fournisseur au titre d’une solution qu’il recommande à une organisation qu’il conseille. Nous sommes payés par cette organisation, et par elle seule.

Ce que la règle change concrètement

Elle change d’abord la manière de comparer. Un benchmark mené sans intérêt financier peut conclure que la meilleure option est la solution déjà en place, une solution libre, une mutualisation avec une autre administration, ou aucun achat du tout. Ces conclusions ne rapportent rien à personne ; c’est précisément pour cela qu’elles sont rarement formulées.

Elle change ensuite la position face aux appels d’offres. Dans les marchés publics, le droit européen impose aux acheteurs de prévenir et de corriger les conflits d’intérêts dans la passation (article 24 de la directive 2014/24/UE). Un assistant à maîtrise d’ouvrage lié financièrement à un candidat crée exactement ce risque. Ne rien percevoir des fournisseurs évite la question plutôt que de devoir la gérer.

La neutralité ne se proclame pas : elle se vérifie dans le mode de rémunération.

Et les produits que nous éditons ?

L’objection est légitime : DOSOBE édite ses propres produits, comme GedFlow pour la gestion documentaire. Ne pas toucher de commission ne suffit donc pas à nous rendre indifférents au résultat d’une comparaison. Nous appliquons trois principes à ce cas, qui est le nôtre.

D’abord, la transparence : lorsqu’un produit DOSOBE figure dans un comparatif que nous publions, nous l’annonçons en tête, et les mêmes critères s’appliquent à toutes les solutions. Ensuite, la séparation des rôles : quand nous rédigeons le cahier des charges ou l’analyse des offres d’une consultation, nous ne pouvons pas être candidats à cette même consultation. Enfin, la réversibilité : nos produits s’engagent sur l’export des données dans des formats ouverts, pour que le choix d’aujourd’hui ne ferme pas celui de demain.

À retenir

Être neutre ne veut pas dire n’avoir aucun intérêt. Cela veut dire déclarer ceux que l’on a, ne pas en accepter d’autres en secret, et organiser son travail pour qu’ils ne décident pas à la place de l’organisation conseillée.

Les questions à poser à tout conseil

Cette règle n’est pas une exclusivité : n’importe quel cabinet peut l’adopter, et n’importe quel acheteur peut la vérifier. Quatre questions suffisent, posées par écrit avant de confier un benchmark ou une assistance à maîtrise d’ouvrage. Percevez-vous une rémunération, sous quelque forme que ce soit, d’un des fournisseurs susceptibles d’être retenus ? Êtes-vous revendeur ou intégrateur agréé de l’une des solutions étudiées ? Éditez-vous une solution concurrente ? Accepteriez-vous une clause de déclaration d’intérêts dans le contrat ?

Une réponse positive n’est pas disqualifiante en soi. Une réponse évasive l’est davantage. C’est la logique de notre expertise benchmark et appels d’offres, et de l’article qui détaille la méthode : conduire un benchmark de solutions sans parti pris.

  1. Directive 2014/24/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 sur la passation des marchés publics, article 24 (conflits d’intérêts), Journal officiel de l’Union européenne.
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